Après avoir interviewé Stéphane Langonnet la semaine dernière, je reçois aujourd’hui Catherine, Community Manager freelance et co-auteur du désormais célèbre livre « Le Community Management ». Ouvrage qui squatte ma table de chevet depuis quelques temps et que je conseillerais à tous les passionnés de web, de réseaux sociaux et de community management.

Disponible à la FNAC, chez Virgin, Eyrolles, Amazon et sur le site de l’éditeur Diateino, ce livre peut également être commandé dans toutes les librairies de quartier.

Un livre sur le community management écrit par des Community Manager : Catherine Ertzscheid, Benoît Faverial et Sylvain Guéguen.

Catherine a gentillement accepté de répondre à quelques questions sur son métier.

- Qui es-tu ? Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Ethnologue et juriste de formation, je travaille depuis longtemps avec des communautés dans des domaines aussi différents que la recherche, la santé, la culture, les médias… La richesse de ces expériences et l’envie de partager des bonnes pratiques m’ont conduite à devenir consultante indépendante spécialisée community management et médias sociaux. J’accompagne aujourd’hui, des annonceurs, agences et start-ups dans l’élaboration et mise en place de leur stratégie médias sociaux.

– Pourquoi et comment es tu devenu Community Manager ?

Pourquoi être community manager?

Parce que cela paraissait comme une suite logique dans mon parcours : une manière de faire converger mes connaissances sur les communautés, mes expériences en entreprise et ma passion du online.

Ensuite, travailler sur les manières d’optimiser la circulation de l’information et les process organisationnels me passionnent.

Enfin, ma vision du métier va au-delà de l’animation d’un page Facebook et contribuer à penser les strategies  communautaires d’organisations aussi différentes que celles que je peux avoir comme clients représente ces nouveaux defis quotidiens qui me motivent le matin.

Comment suis-je devenue community manager?

Ma formation en sciences humaines est une base solide que j’ai renforcée et complétée en travaillant, lisant, en croisant des idées, en rencontrant les personnes qui me contredisent et m’aident à repousser mes limites.

- Quelles sont tes missions en tant que CM ? Quel est ton rôle ? Quelle est ta journée type ? Comment t’organises tu ? Quelles difficultés rencontres-tu ?

Mes missions sont très variées. Je vais du conseil stratégique sur la presence d’une organisation sur les medias sociaux à de l’opérationnel pur en passant par l’élaboration de lignes éditoriales ou l’optimisation de plateformes communautaires.

Je n’ai pas de journée type. Indépendante, j’organise mes journées en fonction de la mission qui m’est confiée. On dira qu’il y a quelques moments clés incontournables comme la veille par exemple (client, métier, techno) ou bien les pauses Twitter ;) pour prendre des nouvelles de mes coreligionnaires ce qui est d’autant plus important quand on est freelance.

Les difficultés rencontrées sont liées au statut de freelance : la comptabilité!!! Plus sérieusement? Je n’ai pas le sentiment de vraies difficultés, plutôt la vision d’un décalage de discours entre celui qui pousse “être sur les medias sociaux pour y être” et celui du temps de la réflexion stratégique à moyen et long terme. En effet, installer une communauté prend du temps si l’on veut que cela présente un reel intérêt pour l’organisation et pour la communauté elle-même. Tout est  encore question de pédagogie. Mais cela viendra.

- Quels outils utilises-tu dans le cadre de tes missions ?

Ceux dont mes clients ont besoin au moment où ils en ont besoin. L’outil n’est pas l’essentiel, il ne fait que suivre la mise en évidence des besoins et l’élaboration de la stratégie.

- Comment vois-tu l’avenir du job ? Comment va-t-il évoluer ?

Récemment sur le blog du livre que j’ai co-écrit avec Sylvain Guéguen et Benoit Faverial, Blaise Grimes Viort

http://www.lescoulissesducommunitymanagement.com/interviews/portrait-de-community-manager-blaise-grimes-vior/#more-265

partageait avec nous son experience et soulignait la difference de prise en compte de cette fonction entre pays anglophones et francophones.  Je partage son point de vue et espère vivement que les community managers cessent d’être perçus comme de simples animateurs de comptes Facebook et Twitter et que l’on pense le community management comme une des clés de voûte des politiques générales d’entreprises. Mais tout cela est question de maturité, il faut donc faire oeuvre de patience et de pédagogie pour expliquer que les réseaux sociaux ne sont pas seulement des sources de discours négatifs ou des espaces publicitaires supplémentaires. Mais le train est en marche!!

- Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui aimerait devenir Community Manager ?

D’abord se poser certaines questions, comme sa capacité à être en relation à l’Autre… tous les autres quels qu’ils soient. Ensuite, s’il a la curiosité suffisante pour explorer des domaines qui ne sont pas les siens de prime abord, comme des aspects techniques, politique générale d’entreprise… Etre community manager c’est aller au-delà de l’animation de comptes Facebook et Twitter, il faut avoir une vision globale de l’organisation pour laquelle on travaille (dans sa politique générale, ses ressources..), savoir élaborer des stratégies communautaires, comprendre que les meilleurs objectifs sont ceux que l’on peut atteindre tout en montrant que le « plus loin » est accessible, être pragmatique.

Mon blog : http://nunalik.com

Mon Twitter : http://twitter.com/cath_woman

Le blog du livre : http://lescoulissesducommunitymanagement.com

Merci beaucoup Catherine et longue vie au livre « Le Community Management »