Influence Marketing, une régulation forcée ou automatisée ?

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que nous avons écrit un livre avec Guillaume Doki-Thonon, CEO et Fondateur de Reech. Edité chez Kawa, notre ouvrage s’intitule : « Influence Marketing – Stratégies des marques avec les influenceurs » et met en avant des bonnes pratiques de collaboration, des exemples concrets analysés et des témoignages d’experts en Influence Marketing. Vous pouvez vous le procurer sur le site de l’éditeur, sur Amazon, Fnac et dans toutes les bonnes librairies.

Aujourd’hui, je vous partage le témoignage de Guillaume Terrien, un ami du digital que j’ai eu la chance de rencontrer l’année dernière et qui a accepté d’écrire quelques lignes dans le livre. Consultant indépendant, Guillaume est aussi un portraitiste de talent. Je vous invite d’ailleurs à (re)découvrir le texte qu’il a publié à mon sujet. Il y a quelques mois, il a décidé de faire un grand voyage pour découvrir des experts du numérique un peu partout dans le monde. Son objectif : partager ces rencontres en présentant leurs initiatives, leur parcours et leur métier sur le site Word Digital People

Le témoignage de Guillaume Terrien, extrait du livre « Influence Marketing »

Influence Marketing, une régulation forcée ou automatisée ?

La hype de l’Influence Marketing agite le web social, rebat les cartes du Marketing moderne, anime les rêves ROIesques des agences et des annonceurs mais demeure en proie à la fièvre du « fake ». Pourtant, avec la maturité progressive des assistants vocaux et les nombreux outils de traitement de la data, tout est actuellement à la portée des marqueteurs pour que ce levier créatif et authentique devienne un outil phare de stratégies de communication de plus en plus personnalisées.

Combattre le fake pour éviter la banqueroute !

Il faut écouter Guillaume Ruchon parler de son analyse des communautés d’influenceurs Instagram, confortablement installé face à son logiciel HypeAuditor, pour comprendre que le syndrome du « fake » ne s’accole pas qu’aux « news » ; en effet, l’Influence Marketing, après des années de croissance, est aujourd’hui confrontée à un mal caractérisé par l’achat compulsif et automatisé de likes, de commentaires, de vues et autres followers. Outre l’aspect économique négatif impactant le ROI des campagnes dédiées, ces pratiques frauduleuses sont également en train de tuer la créativité et le génie d’acteurs digitaux au service du grand public.

En effet, la croissance des « fake influenceurs » à l’éthique crapuleuse a pour principale conséquence de tuer dans l’oeuf bon nombre de jeunes talents qui mettent leur authenticité au service de leur passion destinée à servir les intérêts de leur communauté à travers une information objective et engageante. Face à ce fléau digital, la régulation peine à rattraper son retard et les initiatives portées entre autres par l’ARPP sont encore bien trop marginales pour contrer un phénomène en plein développement. Des chartes d’annonceurs, comme celle d’AccorHotels, représentent une première solution efficace ; pourtant, une prise de conscience globale des principaux acteurs – agences, annonceurs, influenceurs – d’un marché en phase de maturation doit impérativement et rapidement avoir lieu sous peine de tuer « cette poule Marketing aux oeufs d’or ». Le rôle de la pédagogie et de la sensibilisation, la maîtrise d’outils technologiques complémentaires et la gestion analytique de la data sont capitaux pour préserver ce levier Marketing qui, au regard des nouveaux supports et formats de communication, devrait pourtant créer de nouveaux métiers et prospérer dans l’avenir.

Nouveaux formats et data, facteurs d’une auto-régulation ?

Articles, photos, vidéos, Stories, podcasts sont autant de formats de communication aux degrés de maturité divers et de terrains de jeu à la disposition des influenceurs-créateurs. Alors que les blogueurs, aînés des producteurs de contenus, ont depuis bien longtemps compris les règles du jeu – transparence, expertise et authenticité – de l’Influence Marketing, l’arrivée des youtubeurs, puis des instagrameurs, au taux d’engagement explosif, a créé de nouveaux métiers et chamboulé la recette gagnante. L’intégration progressive des assistants vocaux sur le marché et la remise au goût du jour du format podcast promet pourtant à l’Influence Marketing un avenir radieux où chacun, selon son talent et ses prédispositions, pourrait trouver sa place et bénéficier de partenariats financièrement intéressants avec annonceurs et agences.

En parallèle, aussi vite que se développent les techniques et outils d’analyse de la data couplés à l’IA, la macro-influence perd de sa splendeur au profit de la micro – et bientôt de la nano-influence – permettant de toucher des niches extrêmement précises de consommateurs. Ces nouveaux types d’influenceurs deviennent le vecteur d’une communication ultra-personnalisée et un nouveau graal à atteindre pour les professionnels du secteur. Cette vision miniaturiste de l’Influence Marketing pourrait avoir deux conséquences principales : relayer la macro-influence au statut de « publicité traditionnelle », utile pour cibler un marché global, et générer des influenceurs-consommateurs présents dans chaque niche du web. Survivraient ainsi naturellement les macro-influenceurs générateurs d’un engagement réel et naîtraient en parallèle des influenceurs-citoyens de niche qui n’auront, de facto, pas besoin du fake pour développer leur communauté puisqu’elle restera minime et ultra-ciblée. Dans cette optique optimiste, l’Influence Marketing s’auto-régulerait naturellement et la « guerre du fake » n’aurait jamais lieu.

Acheter le livre « Influence Marketing – Stratégies des marques avec les influenceurs », Editions Kawa. 
Avec les témoignages de Annie Lichtner, Fabrice Frossard, Arnaud Leroux, Catherine Cervoni, Martine Le Jossec, Delphine Foviaux, Jonathan Chan, Marie Bossuet, Emeraude Lamiet, Isabelle Clément, Anthony Rochand, Ludovic Salenne, Pierre Cappelli.